Mercredi 15 juin 2005
    A l'instar de mes pairs (aussi bien que ), je me risque ce soir dans un article sur la gastronomie. En effet, plutôt que de rester le postérieur vissé dans mon fauteuil, j'ai décidé de faire vibrer cette fibre si chère à mon patrimoine.

    Dans des temps pas si éloignés, mon cher paternel m'enseignait la quintessence de l'art culinaire. Il a sa manière unique de présenter "La Cuisine". Par exemple, si la tomate entrait dans la composition d'une recette, il s'en saisissait d'une puis me regardant droit dans les yeux, il commençait la leçon par ces termes : "Tu prends une tomate, tu la plumes, tu la vides...". Une tartiflette était le festin de la soirée? Qu'à cela ne tienne : "Tu prends un reblochon, tu le plumes, tu le vides...". J'ai beaucoup appris grace à mon père et, ce soir, en repensant à tout ça, je me suis dit tout à coup "C'est décidé, aujourd'hui tu vas mettre en application ce que ta mère t'as enseigné! à priori, ça vaut mieux pour cette fois...". N'y tenant plus, je bondissais hors de mon siège et d'un pas laurel et hardi, je me dirigeais vers la cuisine.

 
    D'abord tenté par un plat roboratif, j'avais dans l'idée de me faire quelques moukraines. Mais, ouvrant la porte de mon frigidaire (je vous ferai grâce d'une photo pour le moment), quelle ne fut pas ma surprise en découvrant le vide. L'ambiance n'était pas sans me rappeler le marché de Rungis en fin d'après midi et j'entendais même une voix de maraîcher résonnée dans ma tête. Celle-ci me tint à peu près ce langage: "ah mais non monsieur! vous arrivez après la bataille! le marché c'est le matin! ha, je vous jure ces provinciaux... (va donc et fonctionnaire!)".

 
    Etant décidé à ne pas laisser s'échapper cette fugace inspiration, j'enfourchais mon fidèle destrier pour aller dévaliser le drugstore du coin. Le méfait commis, je revenais la besace chargée de victuailles et de retour dans ma tannière, la table de la cuisine n'en croyait pas ses yeux. Un avocat... à point! Une tomate... bien mûre? (oui pas facile par ici), quelques feuilles de roquettes, des pousses de broccoli, un citron jaune et, cerise sur le gâteau, des noix de Saint-Jacques, ce soir c'est jour de fête...

 
    Après avoir épépinée la tomate, je la réduisais en morceaux. Je dénoyautais ensuite mon avocat pour lui faire subir le même sort. Les tomates furent mises à rendre leur jus dans une passoire et l'avocat dans un bol à mariner avec le jus du citron. Pendant que ces deux-là se la coulaient douce, j'éminçais mes noix de Saint-Jacques et les ajoutais à tremper avec l'avocat (NDFR: objection!). Afin de parfaire la marinade, j'y incorporais les tomates puis versais sur le tout un peu d'huile de noix, d'huile d'olive, et du vinaigre de Xéres. Pour conclure cette étape, après avoir recouvert le bol de cellophane, je rangeais la mixture dans le frigo et hop! à Créteil!
 

    Au bout d'une heure, je ressortais le bol et les légumes restants (la roquette et les pousses de broccoli pour ceux ont du mal à suivre). Je dressais quelques feuilles de roquettes (là.... tout doux Sultan...) dans un saladier et disposais la marinade dessus après l'avoir égoutté. Pour agrémenter l'aspect visuel, je parsemais le tout de pousses de broccoli et concluait l'affaire en salant et poivrant pour obtenir ça:

 


    Le reste de la soirée s'est plutôt bien passé sauf que je suis encore en train de rédiger alors que je devrais dormir depuis longtemps.

    Comme j'étais en forme tout à l'heure, je rajoute une version hommage/clin d'oeil à ce site. Km, tu gardes ça entre nous, je me suis servi de Photoshop.

 
 
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