Jeudi 2 juin 2005
    Je reviens de l'agence avec laquelle je vais (probablement) organiser mon prochain trip. Pour cette première rencontre, heureusement que mon compteur de motivation était full tank car sinon, je ne sais pas si j'aurai pu faire face au Cerbère qui m'a accueilli.

    La brève conversation téléphonique que j'ai eu hier m'avait mis la puce à l'oreille et tout à l'heure en entrant dans l'agence, cela a donné moins ou plus le dialogue qui suit:

    Moi: "Bons..."

    Elle: "Bonsoir, je suis Madame Pète-Sèche que vous avez eu au téléphone hier, asseyez vous, voici ma carte de visite, enchantée."

    Moi: "Tout le pl..."

    Elle: "Vous voulez voyager en transsibérien à partir de Vladivostock?"


    Moi, légèrement décontenancé par cette approche directe et désordonnée: "Non, je pense commencer en prenant le bateau faisant la liaison entre Shimonoseki et Tsingtao pour remonter sur Pékin puis passer par la Mongolie pour rejoindre la ligne régulière à Irkutsk pour ensuite partir vers Moscou en passant par Ekaterinburg et Kazan avant d'arriver à Berlin de laquelle je me dirigerai vers ma destination finale, Paris" (pour bien se mettre dans l'ambiance, il faut lire la phrase d'une seule traite et sans respirer)


    Elle, du tac au tac: "C'est pas possible."

    A ce moment là, j'ai eu un pincement au coeur en pensant à la société nationale des chemins de fer en grève. Mais où avais-je donc rangé cette foutue carte Kiwi?


    Moi, feignant la surprise: "Oh, vraiment? mais vous êtes sure?"


    Elle, brandissant un bottin dont les pages sont recouvertes de colonnes d'horaires de train: "ah bah oui! tout est marqué ici!"


    Moi, sortant délicatement l'emploi du temps bichonné pendant des semaines et prenant un ton de voix le plus naïf possible: "Ca, c'est tout de même curieux. Vous permettez?", dis-je tout en dépliant mon papier, "Je suis tombé par le plus grand des hasards sur des horaires de transsibérien et il m'a semblé utile de préparer ce semblant de programme..."


    Elle, évitant de justesse un décrochage de machoire brutale "...Vous parlez vraiment très bien le japonais. Je vais voir ce que l'on peut faire pour vous..."

    Fin du première acte


    Je crois que je vais devoir lire la mégère apprivoisée pour pouvoir apprécier pleinement la suite de ces négociations.

    Après tout ça, un peu de fraicheur pour conclure la journée



 
 
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