Dimanche 5 juin 2005
    Depuis quelques jours un fait divers alimente ma curiosité.

    L'histoire commence à la fin de semaine dernière lorsqu'un collégien est amené à l'hopital après s'être blessé la jambe. Alors qu'il faisait du vélo le long d'une route nationale, il s'est ouvert avec un morceau de métal triangulaire qui sortait d'une rambarde de sécurité. Suite à cette rencontre (malheureuse), il du recevoir 18 points de suture. Les médias ont rapidement récupéré l'affaire et cette lame a d'abord été présentée comme étant fixée artificiellement sur la rambarde. Apparemment, elle avait été glissée entre la jonction de deux éléments.

    Je suis tombé sur une photo par hasard et, au début, cela ne m'a pas intrigué plus que ça. Les médias ont bien souvent ce genre d'histoires quand il ne se passe pas grand chose et, d'après la dite photo, j'ai eu l'impression que c'était (encore) l'oeuvre d'un déséquilibré.

    L'affaire me semblait assez banale jusqu'à ce que j'apprenne que ces pointes se retrouvaient à travers tout le pays (photos , et ) et c'est en lisant un article que mon professeur de japonais nous a donné que je me suis rendu compte de l'ampleur de ce méfait.

    Dans un premier temps mon imagination galopante a élaboré une théorie d'un complot à l'échelle nationale. Il s'agissait probablement d'un groupe de personnes mal intentionné qui avait organisé cette opération à travers tout le Japon. En poussant un peu plus le raisonnement, j'ai même pensé que cela devait être des gamins répartis sur tout le territoire et qui communiquaient via l'internet (probablement via leur blog....).

    En revenant de mon cours et après avoir fait une recherche sur le net, j'ai été impressioné par la surenchère de lieux de découvertes. A l'heure actuelle mon grand favori reste le quotidien Asahi avec 24500 morceaux repérés.



    En lisant un peu plus posémment les articles, quelques détails m'ont quand même dérangé. A la mi-journée, les journaux se voulaient plus nuancés et présentaient leur sujet comme "l'énigme des morceaux de métal". Ils annonçaient que les fameuses pointes étaient bien souvent rouillées et que leurs formes n'étant pas régulières, elles ne semblaient pas avoir été fabriqués.

    J'apprenais aussi que suite à l'excitation du début, les forces d'autodéfense (l'armée japonaise, toujours prête à faire dans l'humanitaire) avaient été recrutées pour donné un coup de main à la police. A eux deux, ils firent la tournée des rambardes du pays et leur enquête révéla que là où il y avait présence de lames, bien souvent les rambardes étaient enfoncées et leur peinture rayée.

    L'affaire prenait un autre tournant et l'embardée du complot, du plomb dans l'aile droite. Hier soir, j'étais d'ailleurs surpris que le sujet ne soit évoqué nulle part dans les journaux télévisés.

    Ce matin, une émission hebdomadaire qui fait le point sur l'actualité a présenté un cours reportage de 2 minutes, pas plus. Il se concluait par la présentation d'une lame dont la forme correspondait parfaitement à l'ouverture dans la carrosserie d'une voiture accidentée. La baudruche se dégonflait brusquement.

    J'imagine que nos chers élus vont passer une loi pour remédier à ce défaut de conception afin que la jointure entre les différentes pièce des barrières soit dorénavant innaparente où bien dans le sens de la marche.

    Au final, il me reste de cette affaire quelques griefs contre les médias pour le feu de paille et contre moi pour avoir mis mes saucisses à cuire dedans. Je m'en veux un peu d'avoir cautionner cette histoire sur la base d'informations incomplètes. Mais en même temps, j'aime bien le parallèele entre la démesure du début et le dénouement aussi soudain que discret.

 
 
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