Mercredi 1 juin 2005


(stade national des jeux olympiques de 1964)

    Aujourd'hui, j'ai récupéré ma nouvelle carte de résident étranger. Cette carte est un peu la carte d'identité pour étranger, une sorte de carte de séjour? En plus de la date et du lieu de naissance, elle regroupe l'adresse du domicile, celle du travail et le type de visa possédé. Sa validité est de cinq ans et elle s'achève normalement le jour de l'anniversaire de son détenteur.

    La première n'aura pas duré si longtemps puisqu'elle ne m'a servi que lors de mon premier séjour au Japon, à Osaka pour un an. Je me souviens qu'à cette époque, on devait encore apposer son empreinte digitale. Suite à des protestations dont je ne connais pas l'origine, cette étape était devenue facultative. Mais après seulement un mois de Japon, j'étais complètement à la masse et, ne comprenant pas trop ce qui m'arrivait, je me suis retrouvé avec le bout de l'index couvert d'encre orange en sortant de la mairie. Les fonctionnaires zélés m'avaient abusé.

    Qu'importe, j'avais ma carte et j'étais fier d'être résident à part entière. J'avais conquis ma place dans la société. Cela ne veut pas dire pour autant que j'étais intégré ou accepté, mais au moins mon existence était reconnue. Lorsqu'on m'a remis la carte glissée dans l'étui de vinyle transparent, un détail m'a amusé. Sur cet étui, le logo du ministère de l'intérieur était imprimé et recouvrait l'endroit ou j'avais laissé mon empreinte, par respect de la vie privée? Mystère...

    La seconde fois que j'ai décroché cette distinction, c'était lors de mon arrivée à Tokyo. Fort de mon expérience précédente, j'étais bien décidé à refuser cette utilisation abusive de ma personne, éventuellement j'envisageais de mordre tout fonctionnaire trop entreprenant. Entretemps, la loi avait été abrogée et le rituel du doigt orange proscrit. En dépit de cette abolition, le logo du ministère était toujours sur l'étui. Une fin de stock difficile a écoulé sans doute.

    Avec le recul, je pense aux formations qu'il a fallu dispenser aux fonctionnaires de toutes les mairies du Japon pour leur expliquer que le doigt c'était désormais banni. Je me demande combien ont craqué nerveusement...

    Ce matin, j'ai donc reçu ma troisième carte. 5 ans déjà que je suis à Tokyo. Je viens aussi de récupérer mon nouveau visa et dans la foulée, j'ai renouvelé mon contrat de logement qui était arrivé à terme. Toutes ces étapes m'évoquent mes premières (petites) victoires, et me rappellent ces moments de satisfaction en terre étrangère. A un détail près pour la carte d'aujourd'hui, cette fois l'étui en vinyle n'a plus de logo et j'en conclus qu'ils ont épuisé leur stock, le Japon évolu.

    Google Earth au pas de course, c'est par
. (update 2005/08/01)


 
 
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