Vendredi 21 octobre 2005



    Un peu après la rencontre avec les chinoises de la veille, le train a pris le virage ci-dessus. Il doit  toujours s'agir de Pékin, dans la partie nord ouest. C'est peut être à ce moment là où j'ai pris conscience que le voyage commençait pour de bon.

    C'était mon premier moment de répit depuis le lever. Avant cela, la pression de rater le train m'obnubilait. Etre arrivé sans encombre jusque dans le train fut une énorme satisfaction mais je n'avais pas encore de repère. Trois chinois étaient déjà dans le compartiment lorsque j'ouvris la porte. Cette sensation naissante d'être les uns sur les autres disparut quand deux d'entre eux saluèrent le troisème et redescendirent sur le quai.

    Comme nous nous retrouvions à deux, je m'installais serein sur ma banquette et me recréais un territoire fictif non pas en me soulageant autour mais en déballant une partie de mes deux sacs. Je me sentais un peu plus "at home" avec tous ces trucs éparpillés. Une fois cette cérémonie accomplie, je m'aventurais timidement dans le couloir. Avec le recul, cette craintes du à  l'inconnu et au changement d'environnement est assez amusante car quelques jours plus tard, dans le trajet reliant Ulan Baator à Irkustk, je me l'approprierai beaucoup plus facilement, limite contraint forcé.

    Un des deux compartiments attenants était occupé par un japonais de 30 ans et deux frères autrichiens de 63 et 66 ans. Nous sympathisâmes rapidement et après de brèves présentations, l'autrichien le plus jeune (...) me montra comment ouvrir la fenêtre du couloir par laquelle les deux photos, et bien d'autres, furent prises.

    Ayant bien réussi à négocier ce départ, le moral était identique aux conditions météorologiques: beau fixe.
 
 
 
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